Dans les courbes, faites confiance à votre penchant!
Dimanche, février 25th, 2007(Traduction libre de l’article de Whizbang au http://www.beginnerbikers.org/forum/showthread.php?t=4675)
Vous m’avez peut-être déjà entendu en train de donner mon conseil favori “faite confiance à votre penchant”. Je dis aussi des trucs du style “tournez la tête”, “surveillez la vitesse d’entrée dans une courbe” ou encore “donne du gaz dans une courbe”. Je dis aussi des trucs moins futés du style “ce nouveau FZ6 me fait saliver”. Mais concentrons nous pour l’instant sur le “penchant” de la moto.
Vous savez tous que faire pencher notre machine est un des plaisirs de la moto. En fait, il faut pencher si on veut tourner! La plupart des apprentis ont peur, au début, de trop faire pencher la moto. C’est normal. Tu es assis sur une grosse et lourde machine qui consiste en un gros moteur, deux roues et un siège. Lorsque quelque chose de lourd est penché, la gravité exige que ça tombe par terre (sauf si la béquille est baissée)! C’est de la Physique 101. Pour ceux qui sont assez braves pour chevaucher leur machine, démarrer le moteur er ROULER, le penchant est essentiel. Le penchant est quelque chose qu’on doit maîtriser. L’amoureux de la moto DÉSIRE le penchant.
Il y a quelques lois scientifiques fondamentales qui gouvernent l’art de pencher la moto. La loi du mouvement, de la géométie, de la cinétique etc… Mais, n’allons pas creuser trop loin de ce côté. Je ne sais pas pour vous, mais ma géométrie analytique, c’est de l’histoire ancienne! Il suffit de comprendre que la combinaison de la vitesse avant de la moto et de la rotation des roues et du poids de la moto et du conducteur, fait qu’il est improbable que votre roue arrière se dérobe dans une courbe, dans des conditions normales de route. Quelles sont les conditions normales, je vous entends demander? Pavage sec, peu ou pas de débris sur la route, pas de sable, pas de feuilles mortes ou de marmottes lorsque vous amorcez votre virage. Faites moi confiance, vous n’allez pas tomber. Vous allez grattez vos footpegs, vous allez faire des étincelles, vous allez aiguiser vos dents sur l’asphalte. Les dieux du ciel vont descendre sur terre, avant que vous ne tombiez!
Vous avez vu ces photos de coureurs, genou par terre, allant à des vitesses insensées. Ils portent des genouillères de façon à ne pas avoir besoin de greffe de peau après chaque course. Vous, pilotes prudents, n’allez pas vous coucher dans une courbe comme eux. Vous n’avez pas et n’aurez pas besoin de faire ça, lorsque vous roulez en pleine rue. En fait, je n’ai jamais vu personne, sauf une fois, faire ça sur la route. J’ai vu des squids faire presque ça, mais nous, produits du système d’apprentis de la SAAQ, ne ferons jamais ça. Pas vrai?
… sauf la fois, l’autre jour, où je suis venu très très proche de le faire et “Monsieur Confiance au Penchant” a goûté à sa propre médecine.
Imaginez une sortie d’autoroute double, une grande courbe marquée à 50 km/h. Cette courbe demande un peu de technique car vous arrivez à 100 km/h, vous devez descendre à 50, puis remonter à 80 ou 90 km/h sur une courte distance. De plus, en suivant le trafic, on parle plutôt de 120-70-110 km/h. Ce virage demande de la concentration, c’est un virage de rêve pour un motocycliste.
Maintenant, imaginez-moi sur ma Yamaha bleue YSF600R, effectuant un changement de voie, rapide et prudent, entrant parfaitement dans ls sortie d’autoroute. Je me souris à moi-même, fier de ma manoeuvre souple, mais j’oublie de ralentir… Eh pas trop smart le nouveau… En 0.5 seconde, les yeux exhorbités, je tourne sa tête, comme Linda Blair dans l’Exorciste, tâchant de regarder, comme il se doit, mon unique porte de sortie (la fin de la courbe). C’est pas assez, je vire trop large. Je pousse un peu plus fort sur le guidon, je tourne sa tête encore plus, rien à faire, le garde fou se rapproche. Pousse plus fort, tourne la tête, panique au maximum. Des circonstances extrêmes demandent des actions extrêmes et je décroche la médaille d’or. Je ne vous mens pas, j’avais l’air de ça…
J’ai franchi la courbe à 110 km/h et j’en suis sorti à l’autre bout, sans heurt, mais mon coeur battait comme une R1 1000cc.
Pourquoi?
Parce que j’ai regardé où je voulais aller, je me suis penché et j’ai maintenu ma vitesse. J’ai goûté à ma propre médecine et j’ai compris que les instructeurs savent de quoi ils parlent. On dit de moi “il est un beau parleur mais est-il un faiseur aussi?” La réponse est OUI et ce que j’ai fait, vous pouvez le faire aussi. Je ne suggère pas que vous preniez des courbes à des vitesses folles. Ce que je dis, c’est que vous serez surpris et émerveillés de constater ce que votre moto peut faire. N’ayez pas peur de pousser au bout pour survivre à une courbe que vous entreprenez trop vite. Nos jouets favoris sont fait pour ça. Mon conseil, lorsque vous pratiquer les courbes faites ce que vous avez appris:
- ralentissez avant la courbe
- regardez où vous vouler aller
- donnez, sinon maintenez, le gaz
Si vous le faites bien, ce sera un peu bizarre mais vos virages seront magnifiques. Chaque fois, vous vous pencherez un peu plus. Dans les situations d’urgence, votre corps se souviendra comme faire. Faites moi confiance, ayez confiance en vous-mêmes, en votre moto et faites confiance au PENCHANT.
Commentaire de San-A: N’abondonnez jamais la partie si vous vous apercevez que vous allez trop vite dans une courbe… Mais attention, si vous avez un cruiser qui gratte facilement par terre ou une béquille centrale qui dépasse, vous pourrez probablement vous pencher plus que vous ne le pensez, mais prenez ce texte avec un grain de sel.
